L’origine du safran reste mal connue.

Les plus anciennes traces certaines de culture remontent à 4300 ans avant JC, en Mésopotamie autour du Tigre et de l’Euphrate, soit dans l’actuel Irak.
Du fait de sa multiplication par bulbes et non par graines, sa migration tant vers l’est que vers l’ouest fut lente. 

Son implantation au Cachemire y a été importante et subsiste encore. Mais il a également touché le bassin méditerranéen en passant tout d’abord par Chypre, Rhodes, la Crète, les Cyclades …
Il fut probablement introduit en Provence à l’époque romaine, par Marseille, Nîmes et Arles pour ensuite gagner Orange, Avignon, Apt et Cavaillon (colonies d’Auguste).

 

On ne sait pas très bien s’il y subsista après la chute de l’Empire romain. Quoiqu’il en soit, il refit son apparition en Espagne avec les Sarrazins au VIIIème siècle. Fut-il réintroduit en France à cette époque dans les bagages des Maures ou a-t-il fallu attendre le retour des Croisés de Terre Sainte ? La question demeure ouverte.

Une chose est certaine : la culture du safran a connu son apogée en Occident au XVIème siècle. On la trouve alors un peu partout en France (même en Normandie) et dans le sud de l’Angleterre et l’on peut se fournir en safran français, grec, italien, autrichien, hongrois, suisse ou espagnol. Alors que les marchés portaient sur des quantités importantes, la culture décline du XVIIème au début du XXème siècle à cause de problèmes sanitaires au début (notamment dans le Quercy, très grosse région productrice) puis, probablement, par manque de main d’œuvre dans les campagnes françaises. Il ne demeura de production qu’en Espagne même si dans ce pays aussi, la production encore de 20 tonnes en 1990 est tombée à moins d’une tonne en 2000. Mais il y reste une tradition commerciale qui fait que l’on peut toujours acheter du safran en Espagne même s’il vient d’ailleurs (Iran principalement)

Aujourd’hui, la production mondiale s’établit à environ 200 tonnes dont près de 90% de qualités très variables sont produits en Iran, 5 % au Cachemire mais autoconsommés ou exportés en Inde, 4% en Grèce et 1% au Maroc.
La production française, très marginale, a été relancée dans les années 90 en Gâtinais (à partir de bulbes du Cachemire semble-t-il) puis un peu partout dans le sud de la France mais sur de très petites unités de production.

Le crocus à safran fait donc partie de cette multitude de cultures oubliées mais que l’on redécouvre à l’heure actuelle. Même à Lorgues !



A savoir :

Le safran, épice, est en fait issu des stigmates des fleurs de crocus à safran (Crocus sativus). Ceux-ci sont séchés et déshydratés à 80% ce qui explique le très faible volume produit par unité de surface.
Non mécanisable, sa culture demande une main d’œuvre importante au moment de la plantation, puis au moment de la cueillette.
Les surfaces mises en culture en France sont petites. La plus grande safranière de France, dans le Gâtinais, ne représente que 3.500 m², soit 0,35 ha ! Il faut cependant disposer de 2 ou 3 fois la surface pour permettre la rotation des cultures.
Il n’est pas indiqué en effet de replanter immédiatement des bulbes sur un sol ayant déjà porté des
crocus.

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